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Archives de Catégorie: Maternage

Chez les Seintes

Aujourd’hui, je suis à nouveau!

Addicted

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En me remettant dernièrement à jouer aux Sims, j’ai été choquée de constater qu’ils donnaient systématiquement le biberon à leurs bébés Sims, sans même qu’aucune alternative ne soit proposée. Et l’allaitement, alors ? Non, les nibards de nos Simettes ne servent qu’à se pavaner floutés dans les jacuzzis alentours et à rentrer plus facilement en night club. Pour un jeu aussi vendu, moi j’appelle ça de la politique de l’autruche délibérée, de la désinformation massive, du foutage de gueule en règle. Ca m’a drôlement énervée, j’en bouillais dans ma nuisette en dentelle (non, je déconne, en bonne célibataire qui se respecte je ne suis pas assez masochiste pour dormir volontairement dans un truc qui gratte).

Et quelle perte de jouabilité ! Choisir ou non l’allaitement se serait parfaitement inscrit dans la ligne de pensée déterministe si chère à Will Wright : les enfants allaités auraient pu être moins souvent malade, les enfants au biberon auraient couté plus cher à leur famille… Mais non ! Rien. Quel gâchis.

 Un peu de plus et j’en aurais envoyé  un courrier furibond à EA game pour leur dire ma façon de penser.

Hier, je me suis surprise a conseiller à ma sœur de dormir avec sa petite Kimber de 4 mois et demi, pour la rassurer. Et aussi pour éviter qu’elle-même se lève toutes les 2 heures pour vérifier que la petite va bien, qu’elle ne pleure pas trop, seule dans une autre pièce. Je lui ai expliqué que ce rapprochement les apaiserait toutes les deux.

Kimber, son yorkshire.

Le week end dernier, profitant des trois rayons de soleil orphelins dont la nature avait daigné faire offrande à mon jardin, nous avons cherché des escargots dans le buisson. Après avoir trouvé la maman et son petit (ou un gros escargot et un escargot nain, à vrai dire on a pas demandé leur livret de famille), nous les avons longuement observés et mis en scène sur la table en verre (faut bien occuper les gosses quand on a perdu la pâte à modeler). Soudain, j’ai eu envie de tester la fonction macro de mon super appareil photo numérique datant de 2004, et tout naturellement, j’ai posé le petit sur la mère pour faire une chouette photo « portage » :




Samedi, j’ai lancé une lessive « délicat » pour mes sous-vêtements. Dans laquelle j’ai machinalement ajouté une dose de désinfectant spécial couches lavables.

La prochaine fois je pisserai dedans, au moins ça rentabilisera le bactéricide.

 

Bonjour, je m’appelle Needfordreams, et je suis accro au maternage proximal.

Je suis une seinte

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… Et en plus,  je montre mes nichons. On aura tout vu.

Coupable

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           Après deux perles d’ambre sciemment croquées et en partie avalées, je décide qu’il est grand temps d’acquérir un nouveau modèle de collier pour mon bébé si je tiens à la garder en vie encore un peu. Ma fille se trouvant à un age à la fois trop vieux pour avoir un collier d’ambre (elle a la force de le croquer avec les dents de devant) et trop jeune pour l’enlever (les molaires n’ont pas encore percé et elle douille à mort), mon ingéniosité légendaire me souffle qu’un collier plus ajusté serait the solution. Pour ce faire, je décide de me rendre non pas dans le magasin qualifié ou j’aurais pu profiter de conseils avisés de professionnels courtois et avenants, mais plutôt dans la petite boutique miteuse où je ne peux pas encadrer la vendeuse que je sais désagréable et imbue de sa personne. Mon choix est essentiellement dû au fait que la boutique en question se situe à 500 mètres de chez moi, et que mon courage et mon aptitude à bouger mon cul son à peu près aussi légendaires que mon ingéniosité déjà mentionnée.

           Samedi 15h, j’entre donc d’un pas méfiant mais néanmoins assuré dans ladite boutique:

–         Bonjour, j’aimerais savoir si vous auriez des colliers d’ambre de moins de 30 cm, pour ma fille qui réussit à le porter à la bouche et le croque.

–         Madame, tout nos colliers d’ambre répondent aux normes européennes de taille et de sécurité, les perles sont entièrement conformes, il y a des nœuds entre chaque perle, le fermoir est en ambre également…

–         Heu oui oui je sais tout ça, mais j’en souhaiterais un de moins de 30 cm, sinon elle le mange. C’est très important qu’il ne fasse pas plus que cette taille là.

–         Ah, d’accord. Les nôtres ne font jamais plus de 45 centimètres de toutes façons.

       (Ca tombe drôlement bien dis donc, pas de risques qu’ils fassent plus de 30 alors, on est sauvés !) Heu… oui mais c’est trop. Si vous avez 30 ça m’intéresse, sinon non.

–         Ok ok, ben je vais mesurer (dans la joie et la bonne humeur)… bah j’ai celui là qui fait 31.

–         Ca devrait aller quand même, on va l’essayer… (attachage de collier autour du coup de l’enfant qui hurle comme si on l’égorgait, de façon à  grandement  faciliter l’échange verbal entre les adultes en présence)… et ben ça m’a l’air super !

–         Oui… enfin vous savez, normalement les enfants, ils ne le mettent pas à la bouche. Les colliers d’ambre, c’est sérieux, quand même.

–         Ah ben si, là si, si le fil lui laisse de la marge elle le porte à la bouche gaiement, presque machinalement, et c’est dangereux.

–         Oui mais elle l’a peut être fait une fois pour essayer, mais elle ne le refera plus.

–         (légèrement agacée)  C’est ce que je me suis dit la première fois. Mais elle le fait très souvent, et la semaine dernière elle a à nouveau croqué une perle, que cette fois je n’ai pas pu récupérer entièrement, elle l’avait avalée. C’est pourquoi j’en souhaite un plus court, car sinon c’est trop dangereux.

–         Mais elle a s’est déja vue dans la glace avec ?

–         (Non non à chaque fois ma fille passe devant une glace, et ce depuis ses premiers pas,  je me jette sur elle et la plaque à terre pour lui détourner les yeux de son reflet en hurlant des incantations Maya) Heu, oui, bien sûr qu’elle a vu. Elle a 18 mois, elle évolue librement et s’intéresse à ce qu’elle porte.

–         Ah… et lui expliquer, vous lui avez expliqué ? Vous lui avez dit que ce n’était pas bien de le mettre à la bouche ?

–         (Non, à chaque fois qu’elle a essayé de le faire je lui ai directement mis un coup de martinet sur les mains, sans autre forme de procès. Je vais pas perdre de temps non plus à lui expliquer, est ce que j’explique des trucs à mon chien aussi, pendant que vous y êtes?!  C’est d’ailleurs dans cette démarche éducative cohérente que je me rends aujourd’hui dans votre boutique pro-maternage et m’intéresse aux médecines alternatives) Oui ben oui, je lui ai expliqué. Bien sûr.

–         Mais il doit forcément y avoir une raison pour qu’elle fasse ça… (s’adressant à ma fille, encore tremblant de l’horrible traumatisme de l’enfilage de collier) Il ne faut pas le mettre dans ta bouche, non non non, c’est pour faire du bien à tes dents, c’est pour ton bien.

–         (Hurlements de ma fille, décidément très intuitive lorsqu’il s’agit de faire fuir les individu indésirables)… oui heu… oui…

–         Non mais c’est sûr qu’il y a une raison.

–         Ben oui, ça doit être parce qu’elle a mal aux dents, alors elle met le collier dans sa bouche et le mord pour se soulager.

–         Ah ben oui mais il faut que vous lui donniez quelque chose pour mordre, aussi !!!

–         (Sérieux ? Ca existe ? Des trucs à mordre, spécialement pour les bébés ? Putain mais j’y aurais JA-MAIS pensé en cas de poussée dentaire moi… on arrête pas le progrès, bientôt il feront même des petits maillots de corps qui se ferment sous la couche, ou pourquoi pas des petites charrettes pour pousser ton enfant devant toi quand tu te promènes ! C’est dingue !) Non mais, elle en a, évidemment.

–         Ah bon. Ben quand même, ça doit venir de quelque chose. Bon ça fera 17 euros, et n’hésitez pas à le lui laisser même après les poussées dentaires hein, si elle a des douleurs… ou si elle a des allergies par exemple, ça peut les soigner !

–       (Tu fermes ta gueule au lieu de raconter des conneries sur les allergies connasse, sinon j’oublie ma CNV pour t’enfiler un patch test dans le rectum à grand coup d’aiguille à perfusion rouillée) Merci, aurevoir.

            En remontant  la rue, malgré mes tentatives d’auto-relaxation, je ne peux m’empêcher de ressasser la conversation et de continuer à pester contre cette grognasse persuadée que chaque faux-pas de l’enfant vient forcément d’un problème des parents. D’où lui vient ce besoin de chercher la petite bête du client et la culpabilisation à tout prix ? Je ne vois pas en quoi le comportement de ma fille serait de ma faute.

           Perdue dans mes acres réflexions, je porte machinalement à ma bouche mon collier et mordille nerveusement mon médaillon, comme à l’accoutumée.

Qui je (ne) suis (pas)

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          On est sûrement nombreuses, après un petit bout de vie parcouru auprès de notre enfant, à se poser un soir et à se demander « putain, mais qui j’étais, avant ? ».

Moi, ça m’arrive maintenant. Je crois qu’en fait, je ne me serais jamais posé cette question si le regard des autres, et les sphères dans lesquelles j’évolue (bon ok, les sphères virtuelles, n’oublions pas que je n’ai pas d’amis) ne me renvoyaient pas sans cesse une image intrigante. Intrigante au sens où je ne m’y retrouve pas du tout, ou du moins je n’y retrouve pas « celle que j’étais avant d’être mère ». Evidemment, mon premier réflexe a été d’admettre que j’avais changé ; mais cette conclusion ne me satisfaisait pas. Non pas que je sois mécontente de qui je suis actuellement, mais plutôt que l’idée saugrenue d’avoir subit à mon insu une transmutation intellectuelle le jour ou 2,500 kg de chair humaine sont sortis de mon vagin ne me réjouissait qu’à moitié.

Et puis, peu à peu, j’ai commencé à comprendre que je m’étais retrouvée rangée dans des cases préfabriquées pour les mauvaises raisons. Alors même si tout le monde s’en fout (et je ne saurais vous en blâmer), voici quelques petits éclaircissements :

                                                                                                                                                                                                                                                                                                           

 Je ne suis pas écolo

             « – Ah, tu as une écharpe de portage ? Et je vois que tu allaites ton bébé ? Ah non moi non, tu sais moi franchement, les écolos, bof bof… »

Heu… hein ? WTF ? J’ai beaucoup de mal à comprendre que les gens assimilent le fait de donner le sein à son bébé et celui de trier ses ordures pour fabriquer son compost home-made. Certes, il y a moins de plastique dans une écharpe de portage que dans une poussette. Et moins de plastique dans mon nibard que dans une bouteille Lactel (… enfin pour l’instant, je me verrais bien avec un 90F siliconé dans les années à venir, mais je m’égare.).

En tout cas ce ne sont certainement pas les raisons qui m’ont poussée à faire ses choix. Je suis juste intimement convaincue que l’écharpe est plus agréable pour mon enfant et moi, et plus pratique (là c’est juste pour moi par contre, je pense sincèrement que ma gamine n’en aurait rien à secouer que je m’emmerde avec ma poussette dans le bus, et qu’elle continuerait tranquillement à chantonner pendant que les autres passagers m’insulteraient). Je donne le sein à ma fille parce qu’il est scientifiquement prouvé que c’est ce qu’il y a de mieux pour elle, et que je trouve ça très chouette.

En réalité, je ne cherche que mon intérêt personnel et immédiat, et celui de ma fille. La planète, malgré tout le respect que je lui dois, n’a pas grand-chose à voir là dedans.

           

           « – Ah, ta fille est en couches lavables ? Moi c’est pareil, on est super écolos dans la famille ».

Bon ok, là j’avoue que je brouille un peu les pistes. En réalité, j’ai été horrifiée par les irritations dont écopaient beaucoup de bébés après utilisation de jetables, et surtout je me suis documentée sur la composition de ces dernières et en mon âme et conscience elles ne me convenaient pas. A côté de ça, en fait, heu, comment dire… je suis pauvre. Donc 45 euros de couches par mois, c’est juste pas possible. A moins que ma fille se trouve un petit boulot pour arrondir nos fins de mois ou qu’on soit prêtes à suivre un régime exclusivement à base de féculents discounts pendant les 2 années à venir, les lavables s’imposent.

Le premier argument cité généralement pas les défenseurs des lavables, c’est que c’est bon pour la planète parce qu’on réduit les déchets. C’est vrai, c’est un truc énorme, les tonnes de couches utilisées par an me font frémir moi aussi. Mais, sincèrement, si Pampers sort demain une couche sans SAP à 5 centimes l’unité, mes lavables passent par la fenêtre (ou dans la poubelle à textiles).

Qu’on ne s’y méprenne pas : je respecte, comprend, et partage beaucoup d’idées des écologistes, c’est un fait. Je n’irai pas jeter ma canette vide dans un parc, faire trois tours avec mon rouleau de papier cadeau avant de scotcher, ni manifester en faveur du nucléaire. Mais il ne faut pas compter sur moi pour trier trop scrupuleusement mes déchets, planter mes tomates cerises ou systématiquement proposer à ma fille de dessiner plutôt au dos d’un vieux tract que sur du papier blanc acheté spécialement à cet effet.

Me soumettre à des rituels particulièrement contraignants sous prétexte d’écologie m’a toujours paru particulièrement énervant. Je revois mon compagnon, lorsque j’étais enceinte de 7 mois et en menace d’accouchement prématuré, me forcer à traverser toute la maison en claudiquant pour aller jusqu’au garage sans chauffage afin d’y jeter le papier du chocolat que je venais de manger, parce que « il y a un peu d’alu dessus, ça ne va pas dans la poubelle normale de la cuisine ». Autant dire que dès qu’il mettait enfin les pieds hors de la maison, je m’empressais de finir la boîte de chocolats sans même les mâcher et cachais tout mes déchets au fond du sac poubelle. De la cuisine, of course.

Je comprends pourtant que l’on puisse être disposé à autant d’efforts, je trouve même cela noble. Mais ce n’est pas pour moi. Moi je suis une feignasse qui aime son confort, et n’est pas prête à le sacrifier pour une cause qu’au fond d’elle elle suspecte d’être perdue d’avance.

Alors dans mon cas, réfléchir à l’éducation et au confort de vie que j’apporte à ma fille en prenant en compte l’écologie, ou bien me définir en temps que personne comme partie intégrante de ce courrant, c’est juste surréaliste.                                                                                                                                         

                                                                                                                                                   

Je suis féministe

             « – Franchement les couches lavables, bonjour la régression pour les femmes… »

Bon, c’est du dit et re re dit, mais je le répète quand même : la plus anti-féministe est-elle celle qui mets des couches lavables à son gosse, ou celle qui n’envisage pas une seconde que l’homme puisse tout naturellement s’occuper lui aussi des lessives et changer son rejetton?

La question n’est pas tant de savoir s’il est judicieux de laver ou non du caca, mais s’il est pertinent d’associer systématiquement les mots « couche » et « maman » en 2011.

            « – L’allaitement, c’est l’aliénation de la femme, c’est dégradant de devenir un garde-manger humain. »

C’est bête à dire, mais une mère ne devient pas un garde-manger humain. Elle l’EST. Au moment où elle met un enfant au monde, le lait arrive naturellement, parce que c’est sa fonction de nourrir sa progéniture. Quelqu’un trouve t’il dégradant la production de salive pendant la mastication ?

Choisir de ne pas mettre un terme chimique à sa fonction naturelle reste pourtant quotidiennement controversé. Débat d’autant plus stérile que la subjectivité des détracteurs (généralement motivée par leur propre culpabilité) n’a d’égal que l’inutilité de la réponse que pourraient leur donner les pros-allaitement : personnellement, je préfère me taire ; les centaines d’études et de données scientifiques étant suffisamment édifiantes. C’est même rigolo, à la longue, de voir toute cette agitation autour d’un sujet pourtant classé ; on se croirait dans un vieux Friends, quand Phoebe annonce ne pas croire en la théorie de l’évolution (oui je suis quelqu’un d’incroyablement cultivée, n’en jetez plus).

            « – Avec toutes les difficultés qu’on eut les femmes pour réussir à se construire des vraies carrières à l’extérieur, c’est dingue qu’on puisse encore choisir de rester 24h/24 avec ses gosses. C’est vraiment rabaissant. »

Une femme n’a pas le droit de porter une jupe, maintenant qu’elle peut mettre un pantalon ?

Une femme ne peut pas choisir l’abstention, maintenant qu’elle peut voter ?

Une femme ne peut pas mener à terme une grossesse, maintenant qu’on lui permet l’IVG ?

J’exagère volontairement, mais je ne veux pas croire que chaque acquis féministe reste lesté de concessions dans sa pratique quotidienne.

Nier que l’épanouissement d’une jeune mère sera, dans beaucoup de cas, proportionnel au temps qu’elle passera auprès de son enfant dans les premiers mois de sa vie, c’est remettre en cause la nature humaine.  C’est nier notre condition de mammifère.

La véritable égalité ne devrait pas s’établir au détriment de nos différences.

Chaque étape de la vie nous catégorise un peu plus, et je découvre à mes dépend que la maternité n’y fait pas exception. J’aimerais juste que cette taxinomie abusive se fasse parfois plus scrupuleuse.

Un peu de recul

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           J’avais longtemps cru que l’allaitement, c’était simple, évident, tellement logique et naturel que ce n’était même pas la peine d’en parler. Pourquoi perdre du temps à échanger sur un sujet basique et sans surprises ?

           C’était sans compter sur les derniers mois d’une grossesse pathologique pendant lesquels l’ennui peut nous faire progressivement dériver de Jean-Paul Sartre à Marc Levy, de Marc Levy à Hélène Fielding, d’Hélène Fielding à Cosmopolitain et de Cosmopolitain à Doctissimo.

           Et là, c’est le drame. Hormis ma découverte de la division quasi religieuse entre allaitantes et biberonnantes, je tombais des nues en découvrant de multiples témoignages de jeunes mamans qui avaient « foiré leur allaitement ».

            J’ai mis du temps à comprendre ce que cette phrase récurrente pouvait bien vouloir dire. S’étaient-elles fait couper les deux seins par mégarde en passant la porte de la salle de travail? Leurs nourrissons confondaient-ils obstinément téton et oreille ? J’ai vite compris que les causes de « foirage » étaient bien plus insidieuses, et multiples.

           De là, enceinte de 7 mois et demi, j’ai commencé à stresser. Enormément. Et si pour moi, ça ne marchait pas ? Et si je n’avais pas de lait ? Et s’il fallait complémenter mon bébé et que ça gâche tout inexorablement ? Et si mon soutien-gorge d’allaitement était trop serré et comprimait mes canaux lactifères ? Et si mon coussin d’allaitement était trop mou et ne permettait pas une position optimale à mon bébé qui du coup se mettrait à refuser le sein ?

           Il me fallait tout préparer, tout analyser. Etre prête à aborder ce long parcours du combattant pour cette bataille déjà quasiment perdue d’avance, d’après les statistiques qui s’étalaient chaque jour devant mes yeux de primipare effarée.

           Avec le recul, j’ai décidé de mettre noir sur blanc quelques recommandation destinée à mon Moi d’il y a un an et demi, de lui écrire enfin ce que j’aurais voulu qu’une tierce personne lui dise à ce moment là.

           Calm Down

           Pas la peine de t’affoler en multipliant les lectures de cyber-récits un chouya exagérés (« je l’ai mis au sein 1/2h après l’accouchement mais bon il a pas voulu il préférait dormir donc voila il savait pas faire c’était mort j’ai du dire adieu à mon allaitement je suis trop dégoûtée depuis je pleure tout le temps et lui donne des biberons franchement voila quoi ça peut arriver à n’importe qui l’allaitement c’est trop l’horreur méfiez vous les filles»), surtout à l’approche de ton propre accouchement. Tes hormones de grossesse suffisent déjà amplement à faire monter la pression dans ton petit crâne, il n’est nul besoin d’en rajouter une couche avec des témoignages négatifs sur l’allaitement. Ceux-ci doivent être consommés avec grande modération (tout comme ceux sur l’accouchement, soit dit en passant).

           Et puis franchement, t’as pas autre chose à foutre ? Tu fais ta maligne maintenant à te balader sur les forums pour lire des centaines de récits similaires et mal orthographiés au lieu d’ouvrir un bouquin sérieu, mais tu rigoleras moins quand ta gamine sera là et que tu n’auras plus le temps de rien. Bosse ton mémoire au lieu de glander, ça t’évitera de redoubler l’an prochain.

           De toutes façons, même si être avisée à l’avance de certains problèmes éventuels peut s’avérer intéressant et permettre d’y parer le cas échéant, ressasser sans cesse les mêmes scénarios catastrophes et alarmistes reste très peu constructif.

            Et surtout, sans vouloir nier les problèmes réels que certaines femmes peuvent être amenées à rencontrer, n’oublie pas que les pathologies empêchant l’allaitement sont très rares et ne concernent qu’une minorité de personnes. La preuve, le Danemark, la Norvège et bien d’autres présentent des taux d’allaitement de plus de 95%. Et à ma connaissance, aucune étude scientifique n’a encore démontré qu’anatomiquement les seins nordiques étaient plus performants que ceux des françaises.

           Lâche ta CB

           Arrête de lorgner sur les coussins d’allaitement en envisageant sérieusement de vendre un de tes reins pour t’en payer un (et dis toi qu’avec la cystite que tu t’es tapée au quatrième mois, ton rein, il vaut même plus 70 euros de toutes façons).

           Qu’est ce que tu en feras ? Tu essaieras avec ton coussin (alors que tu n’as aucun soucis de sommeil durant ta grossesse en fait ; mais bon, c’est écrit sur Internet, que le coussin améliore les nuits des femmes enceintes, alors forcément tu tentes) et tu finiras invariablement par le jeter par terre à coup de pieds pendant ton sommeil, comme tu le faisais petite avec tes doudous (ou ta sœur).  Au mieux, il finira sous les pieds de ton mec, qui lui avec sa sciatique carabinée trouveras ça mer-vei-lleux et ne voudra plus te le rendre (même une fois ton enfant né).

           De plus, même si tu souhaites vraiment positionner ton nain sur un coussin, un simple oreiller (ou un traversin si vraiment c’est la forme qui te bottait) fera l’affaire. Et sinon, pour tenir ton enfant pendant la tétée, j’ai un scoop : tu as des bras.

            A part ça, le lot de 200 coussinets d’allaitement achetés en Angleterre « en prévision », tu ne trouves pas ça un peu exagéré ? Peut être aurait-il été plus judicieux d’attendre de voir comment ta lactation évoluait pour juger si oui ou non tu aurais besoin d’en utiliser pendant 6 mois non stop, non ? Parce que, ça a pas l’air comme ça, mais 200 coussinets d’allaitement non utilisés, ça énerve quand ça prend de la place dans le meuble de la salle de bain, surtout pendant un an et demi.

            Et puis, ne pleure pas devant les sites de mode pour allaitantes en te disant que tout est fichu, que tu devras arrêter de donner le sein après quelques semaines car les seuls vrais vêtements adaptés à ton état coûtent un bras et que tu ne pourras pas te le permettre.

            Effectivement, tu ne pourras pas. Mais tu ne t’en porteras pas plus mal, en fait. On peut aisément trouver des vêtements basiques qui sans être conçus spécifiquement pour l’allaitement s’adaptent parfaitement à la situation. Des tops un peu échancrés qui se baissent (en plus ça permet de faire profiter tout le monde en permanence du joli décolleté que tu as momentanément en ta possession), des cache-cœurs, des chemisiers, des trucs en stretch très extensibles, des débardeurs à bretelles… et la liste n’est pas exhaustive.

            Mais bon, ce n’est pas si mal, tu nous a épargné la crème lansinoh « au cas ou », les bouts de sein en silicone et les 3 soutien gorges d’allaitement réglementaires. Du coup tu n’as pas atteint le budget moyen de la future allaitante angoissée, qui peut facilement avoisiner les 300 euros (oui oui, sans déconner).

           Reste hermétique

           A moins d’être inscrite dans une grande clinique réputée « amie des bébés », il y a généralement peu de chance pour que le personnel de la maternité où l’on accouche soit performant en matière d’allaitement. Alors ce n’est pas toi, dans ta province enclavée, qui tombera sur l’exception qui confirme la règle. Donc surtout, si quelqu’un qui ne porte pas un badge stipulant « conseiller/e en lactation » essaie de « t’aider », refuse. Fuis. Ou accepte la théorie, et ignore en pratique, pour éviter le conflit.

           Car non, il ne faut pas « impérativement boire 3 litres d’eau minimum par jour quand on allaite ». Un litre et demi c’est déjà bien, et tu ne dois pas avoir envie de te suicider si un jour tu as oublié de finir ta bouteille.

Non, ce n’est pas parce que ton nourrisson ne pèse pas bien lourd à son arrivée sur terre qu’il faut absolument lui refiler du lait de vache pour l’engraisser, et retarder par la même occasion ta propre lactation.

Non, s’il tourne la tête et se rendort lorsque tu lui proposes ton sein, ce n’est pas parce qu’il y a quelque chose de mauvais (de l’anti-gel ?) dans ton lait, mais parce qu’il est naze après toutes ces mésaventures et aimerait terminer sa sieste sans qu’une puéricultrice enragée ne vienne lui chatouiller les pieds s’il vous plait, merci.

Non, tu ne dois pas mettre de la crème Lansinoh après chaque tétée, et ce dès le jour de ton accouchement, parce que « c’est en prévision madame, quasiment toutes les femmes ont des crevasse, donc prenez ce tube et faites le bien à chaque fois ».

Et non, l’allaitement, ce n’est pas « toutes les 3 heures, madame ». Ton bébé est un être humain, qui peut avoir envie de manger à heures non régulières, surtout après tout le chamboulement qu’il vient de traverser pour arriver sur notre terre. Et personne n’a le droit de te dire que tu peux où non nourrir ton enfant lorsqu’il le réclame.

           Reste TRES hérmétique

            Parce que toutes ces remarques n’auront d’autres effets que de t’éloigner de ce qui compte le plus pendant ces premiers jours : ton instinct. Alors certes, ce n’est pas facile de renouer avec lui, surtout quand on est une pseudo-intellectuelle coincée du cul qui a passé les 23 années précédentes à ignorer tout ce qui pouvait exister en elle d’animal. Mais pourtant, quand ton bébé arrive, le chemin le plus court pour que ça se passe en douceur, et qu’il faut écouter ce que tu ressens sans toujours vouloir tout contrôler. Pourquoi tu sais que ton bébé pleure parce qu’il a faim là, et pas pour autre chose ? Ben parce que tu le sais, c’est tout. Et la puéricultrice, elle aura le droit d’émettre un avis le jour on elle aura été reliée 9 mois par un cordon à ton nouveau-né, pas avant.

            Seul cet instinct pourra t’aider à traverser les premières semaines, si elles s’annoncent difficiles et intenses. A ne pas tout abandonner lorsque tu n’auras dormi que 2 heures par intervalles de 30 minutes.

            C’est l’instinct également qui pourra te permettre de dépasser tes préjugés sur le co-sleeping : oui, tu as le droit de garder ton bébé avec toi la nuit. Premièrement pour ne pas mourir d’épuisement au bout de 2 semaines (« mais bordel, je savais pas qu’il y avait un pic de croissance non-stop entre 3 jours et 1 mois et demi »), et aussi pour le confort de ton bébé qui ne demande que ça, soyons honnête. Il ne mourra pas si tu sécurises tout correctement (éviter les oreillers, la couette bordée bien bas, une barrière de lit si tu flippes totalement). Alors s’il te plait, ne mets pas 2 mois à laisser tes besoins et tes convenances s’entretuer : installe ton gnome dans ton lit dès la sortie de la mat, tu verras ça ira mieux.

            J’attirerai également ton attention sur un truc dont tu ignores encore totalement l’existence : la relactation. Car même si tu « foires » tes premières semaines comme les héroines des témoignages que tu affectionnes tant, sache que rien n’est perdu, et que tu peux rattraper le tir. Oui, c’est plus compliqué. Oui, c’est un peu tiré par les cheveux comme idée. Mais ça existe, c’est possible. Et rien que ça, ça fait plaisir de le savoir.

           Voila, je crois que j’ai fais le tour des principales recommandation dont je souhaitais te faire part. Alors maintenant, tu lâches l’ordinateur portable (et la boîte de chocolat, accessoirement), et tu arrêtes de te retourner le cerveau. Et n’oublie pas que l’allaitement, c’est entre uniquement entre vous 4 : tes nichons, ton bébé, et toi. Point.

Allaitement New Age

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           Maman allaitante depuis quelques mois, les positions de la madone, du berceau, et même du ballon de rugby n’ont plus aucun secret pour toi. Bon, c’est vrai que la dernière t’a donné du fil a retordre (surtout si tu es fauchée et que ton seul coussin d’allaitement n’est autre que le traversin que ta grand-mère avait reçu en cadeau de mariage) mais maintenant c’est bon, tu gères comme une pro tes mises au sein exemplaires digne d’une animatrice LLL. Et tu n’en es pas peu fière.

D’ailleurs, c’est tellement fun que tu vas continuer plus longtemps, et sûrement suivre les recommandations de l’OMS et allaiter jusqu’au deux ans de ta progéniture. Et pourquoi pas même tenter un sevrage naturel pendant qu’on y est ? Soyons fous !

Mais ton bébé malléable et docile ne le restera pas éternellement… et tu te retrouves à allaiter un bambin en un rien de temps. Et c’est là que les choses se corsent, et qu’apparaissent les nouvelles positions d’allaitement. Et celles là, ni la LLL, ni Doctissimo et encore mois la conseillère en lactation de la mat’ (veinarde!) ne t’en avait parlé avant l’accouchement.

               La madone inversée

           Un classique. On la découvre généralement au moment ou l’enfant commence à vouloir s’affirmer (qui a dit « à vouloir faire chier sa mère par tous les moyens » ?). Vous installez scrupuleusement votre petit chéri sur vos genoux, l’allongez légèrement et sortez votre sein gauche, positionné juste au dessus de sa tête. Sauf que ça lui paraît tout à coup beaucoup trop simple comme configuration ! C’est vrai quoi, il a déjà vécu ça des centaines, des milliers de fois ! Il trouve que sa mère est d’un conformisme pathétique. Alors que lui, c’est le sein droit qu’il veut, en fait ! Et tout de suite. Il ne tolérera pas d’être changé de position, encore moins tourné, non non. Il veut têter le sein opposé immédiatement, installé comme il est, et vous vous retrouvez dépitée à déballer le second nibard et à soutenir d’une main les dix kilos de votre tyran tout tordu, qui feint d’être super bien installé. A la maison, on en rit. En terrasse d’un café, les deux seins fatalement à découvert et les mains occupées à rectifier tant bien que mal la position et donc inaptes à en cacher ne serait ce qu’une moitié, moins.

                L’indécis

           Variante de la madone inversée, cette fois le chérubin veut (que dis-je, EXIGE) le gauche ET le droit. Oui oui, en même temps. Enfin pas exactement, techniquement ça poserait problème et il le sait, donc il alterne. Cinq secondes l’un, cinq secondes l’autre. Marrant le soir, lorsqu’il suffit de soulever le pyjama et de regarder notre clown se complaire dans l’abondance destétons disponibles s’offrant à lui. Pas trop en journée, avec pull, sous pull et soutien-gorge d’allaitement détendu-parce-qu’acheté-pas-cher-pour-pas-avoir-à-se-prostituer-pour-le-payer.

               La tétée sauvage

           Vous vous étiez juste allongée quelques secondes sur le matelas, pour souffler après un enfilage de couche sur enfant non consentant et d’humeur joueuse particulièrement sportif. Torse nue (car le cul-nu aura eu la délicatesse de repeindre votre pyjama d’un jet de pipi très seyant quelques minutes auparavant). Et c’est là que le bas blesse. Avant même de comprendre ce qui vous arrive, un enfant assoiffé surgit de par-dessus votre épaule et se jette goulûment sur votre mamelon étonné. Et voila votre petit monstre le cul en l’air, un pied sur votre tête, le ventre sur votre épaule et la bouche solidement accrochée à votre sein.

               L’invité surprise

           Voila 18 mois que vous allaitiez votre enfant unique, et c’était déjà suffisamment prenant, mais aujourd’hui votre descendance à décidé de convier son jouet fétiche à participer à son goûter. En gros, le playmobil/la barbie/la grenouille en peluche/ la figurine du pompier encore accrochée au camion a l’immense honneur de s’installer à votre sein droit pendant que le client habituel s’accroche au gauche.

Excellente raison de ne jamais emmener le playmobil/la barbie/la grenouille en peluche/ la figurine du pompier encore accrochée au camion si on va boire un coup en terrasse, soit dit en passant.

               Le cannibale en herbe

           « Quoi, vous l’allaitez encore à son age ? Mais, il a des dents ???! » ** regard horrifié dont l’œil gauche vous accuse d’inceste tandis que le droit vous soupçonne de sado masochisme **

Evidemment, vous vous étiez sortis cette remarque de la tête aussi vite qu’elle y était entrée. Ridicule, en quoi le fait qu’il ait des dents pourrait être un problème pour l’allaitement ? Ca se saurait ! D’ailleurs, il en a déjà 4, des dents, et tout va bien, merci.

Jusqu’au jour ou votre petit ange d’amour a une lueur d’espièglerie dans l’œil pendant qu’il s’abreuve à la source maternelle. Vous ne comprenez pas, l’interrogez à votre tour du regard d’un air intriguée, et là c’est le drame. Il tente, et découvre rapidement que de voir maman sautiller et crier d’une voie aiguée et suppliante « Noooooooon nooooon ne fais pas ça noooon je t’en supplie aiiiiiie », c’est tout simplement HI LA RANT. Il ne lâchera d’ailleurs votre téton suppliant que pour lancer un rire sonore (et, osons le dire, terrifiant dans le contexte).

En découle la position suivante pour toutes les tétées à partir de la découverte fatidique : maman à peine assise d’une fesse sur le canapé, tous les muscles tendus dans l’expectative du moment redouté, la main positionnée tout près de la bouche du coupable prête à agir en cas d’urgence (bon, sans savoir vraiment comme agir, mais agir quand même) et visage tétanisé.

Cette position, bien heureusement, a une courte durée de vie qui ne devrait pas excéder quelques semaines pour les plus malchanceuses, le mâchouilleur compulsif trouvant finalement le jeu lassant et sans véritable intérêt puisque maman, elle, ne rit pas.

                Le ravitaillement désinvolte

           Votre héritier à bien envie de têter là, maintenant, dis donc. Mais c’est con, l’épisode des Barbapapas n’est pas fini, et vu l’orientation du canapé il comprend rapidement qu’installé dans vos bras ou sur vos genoux, il verra que dalle. Alors il vous laisse gentiment l’installer convenablement, le mettre au sein consciencieusement, puis doucement, tout doucement, insidieusement dirais-je même, il glisse… et se réinstalle confortablement face à la télé, votre sein tendu à mort encore dans sa bouche. Peinard quoi.

Variante : assise par terre pendant une sortie familiale, vous allaitez votre petit assoiffé d’avoir joué et couru dans tous les sens pendant les deux heures précédentes avec tous les autres enfants qu’il a rencontré au parc, en vous ignorant platement (« Quoi, tu l’allaites encore à son âge ??? Mais il ne deviendra jamais autonome ! »). Mais les gens autour de vous, ayant eu l’outrecuidance extrême de ne pas se recueillir en silence pendant le repas de sa majesté,  discutent avec animations.  Et là sur vos genoux, il n’entend pas bien et ne peut pas suivre la conversation correctement. Un comble quoi ! Qu’à cela ne tienne, l’intéressé… se lève. Tout simplement. A coté de vous, branché à la source et tétant avec entrain, il écoute d’un air captivé ce qui se passe autour de lui. Choisissant d’ignorer purement et simplement votre tendinite nichonesque, si je puis m’exprimer ainsi.

               L’acrobate

           Retour aux vraies valeurs : vous allaitez votre tout-petit-grand allongée, ventre contre ventre, vos yeux dans les siens et votre main dans ses cheveux. Vous vous complaisez dans votre tableau idyllique de la maternité épanouissante, quand tout à coup vous avez comme l’impression que la petite merveille cherche à vous enfoncer quelque chose dans la bouche. Mais quoi ? Vous y regardez de plus près, et découvrez son… pied ?!

Non mais sérieux, comment ils font ça ???! Vous croyiez naïvement que passé les premiers mois, votre enfant cesserait d’être élastique. Détrompez vous, avec de la volonté, ils pourront encore coller leur genou à leur épaule à 18 mois passés. Et ça peut surprendre.

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